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Policier

  • Le passé ne meurt jamais

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    "Une fois installés devant la table garnie de saucisses, de pain frit, de tomates et de tasses de thé fumantes, George entreprit de lui raconter ce qui s'était passé pendant son absence. A présent, il pouvait parler du corps qu'il avait découvert sans avoir la gorge serrée et, à chaque nouveau récit, la jeune femme rousse devenait plus belle".

    Je continue la série de Déborah Crombie avec les enquêteurs Duncan Kincaid et Gemma James. C'est la sixième enquête et comme je les lis dans le désordre, je retrouve le duo de policiers à un moment où leur relation est fluctuante. Déjà intime, mais pas du tout familière ou installée. Je sais que la situation va en s'améliorant puisque j'ai déjà lu le suivant. C'est parfois un peu acrobatique, à l'avenir je vais suivre la série de manière chronologique.

    L'histoire commence avec le meurtre d'une magnifique jeune femme, Annabelle, alors qu'elle venait de discuter avec son fiancé. Qui pouvait en vouloir à cette femme d'affaires à qui tout semblait réussir ?

    Elle a hérité de son père une florissante maison de thés, avec l'intention de la moderniser et de la faire fructifier. Son père a beaucoup d'admiration pour elle, tout en gardant un oeil sur ce qu'elle fait.

    Fiancée à son associé, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les enquêteurs n'ont pas eu à gratter longtemps pour écorner cette belle image. 

    L'intrigue est assez chargée cette fois-ci, entre les affaires de famille, les affaires tout court et l'époque du blitz à Londres. C'est là qu'il va falloir remonter pour trouver l'origine du meurtre.

    Annabelle a été étranglée dans l'ancien quartier des Docks de Londres, populaire dans les années quarante, mais en pleine mutation vers une population chic et fortunée.

    L'aspect qui m'a le plus intéressée est l'envoi des enfants des Docks à la campagne au début du blitz pour les mettre à l'abri des bombardements. Accueillis dans des familles, ils tombaient plus ou moins bien et ont été forgés par cette séparation brutale. Les amitiés qui naîtront ici jouent leur rôle dans la mort d'Annabelle.

    Ladite Annabelle qui avait une vie sentimentale assez agitée, séduisant, manipulant, rejetant à son gré. Finalement les suspects ne manquent pas.

    Le thé est bien présent dans cette enquête, de sa culture à son arrivée dans votre tasse. Ambiance british garantie.

    Une lecture agréable, pépère comme je l'ai dit pour le volume précédent et pas désagréable du tout.

    Participation au challenge "Un hiver polar". J'ajoute les mots campagne anglaise, thé, jalousie

    policier, Un hiver polar,

    Deborah Crombie - Le passé ne meurt jamais - 412 pages
    Traduit par Jacqueline Lahana
    Le Livre de Poche - 2002

  • Poulets grillés

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    "Capestan n'avait pas élevé la voix, mais la salle se tut. La réunion virait à la séance de démotivation, il fallait intervenir. La commissaire survola l'assemblée du regard sans viser quiconque, mais, fait rarissime, elle s'adressa à eux sans sourire :
    - dans les films de guerre, celui qui dit "on va tous crever", il n'aide personne. Donc on arrête ça tout de suite et on ne refait pas l'histoire avec des "avant, avant". Avant d'atterrir là, on était déjà au rancart. Tous. Pas la peine de jouer les anciens barons des Orfèvres, la punition ne date pas d'aujourd'hui."

    Encore une série que je voulais découvrir depuis longtemps, sachant qu'elle est amusante. 

    La commissaire Anne Capestan a été mise à pied six mois, pour une raison que nous ignorons. S'attendant à être virée, elle est réintégrée dans une unité fantoche, priée en bref de ne pas se faire remarquer. On lui adjoint tous les "rebuts" du 36 rue des Orfèvres, plus ou moins originaux et excentriques, en délicatesse avec les règles.

    Un local minable leur est attribué dans Paris, ainsi qu'une pile de dossiers non résolus, à charge pour eux de voir s'ils peuvent faire mieux que leurs collègues. Bien sûr, tout le monde sait que l'on n'attend rien d'eux, si ce n'est la discrétion et l'oubli. Toucher leur salaire est déjà inespéré. 

    La hiérarchie devrait connaître un peu mieux Anne Capestan, qui n'est pas du genre à déclarer forfait aussi facilement. Elle choisit deux dossiers dans la pile et met son équipe au travail, du moins à ce qui peut s'en approcher le plus avec de tels bras cassés.

    Au début, j'ai eu du mal à m'y retrouver devant cet afflux de personnages, les deux enquêtes sont un peu embrouillées, mais au bout d'un moment les repères se font et j'ai souvent ri ou souri devant une succession d'excentricités et de situations invraisemblables.

    Peu à peu, les caractères des uns et des autres se précisent, les rendant assez sympathiques, on comprend pourquoi Capestan a été écartée et les raisons profondes de sa nomination à ce poste bidon s'éclairent d'un jour inattendu. Il lui faut de bonnes doses de diplomatie et d'optimisme pour tenir la barre. 

    Pour résumer, j'ai passé un bon moment avec Anne Capestan et son équipe, mais sans plus. Je ne sais pas si je vais continuer la série.

    Participation au challenge Un hiver Polar(+ vengeance)

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    L'avis de Anne Keisha

    Sophie Hénaff - Poulets grillés - 352 pages
    Albin Michel - 2015

  • Tous les silences

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    "Pavoliita comprit qu'il avait tout intérêt à se taire et à quitter discrètement la conversation. Il réalisa du même coup qu'il ne savait rien de rien, en réalité, de ce qui faisait le quotidien de sa famille. Il était là en passager clandestin, pendant que Terhi s'occupait de prendre tous les rendez-vous chez le dentiste, le pédiatre ou l'orthophoniste, de gérer la communication avec le jardin d'enfants et d'établir des listes de courses. La seule chose dont il se chargeait au sein du foyer était le changement des pneus d'hiver de la voiture deux fois par an. Il dit "Je vais les réveiller. Bois ton café tranquille".

    Je commence l'année avec un polar bien sous tous rapports. Je me suis intéressée autant à l'enquête qu'aux enquêteurs. Il fait partie d'une série "Delta noir" qui comporte quatre titres. Celui-ci est le troisième. Il y a quelque temps, j'ai lu et aimé le premier "Le serment".

    Nous sommes en Finlande, de nos jours, et alternativement en Ukraine, en 1941. Un vieil homme de 97 ans, Albert, est agressé dans sa maison de retraite. Deux individus en noir et cagoulés le traînent et le battent sur quelques mètres avec l'intention de le pendre à un arbre un peu plus loin. Sans l'intervention d'une infirmière il ne s'en sortait pas.

    Qui peut bien en vouloir autant à un vieillard ? C'est un pensionnaire agréable, apprécié, ancien combattant médaillé. Il a mené une vie tranquille avec sa femme, décédée, et a été un bon père pour ses deux filles.

    La police est sur les dents en imaginant les gros titres lorsque l'affaire sera ébruitée. Alfred pense qu'il a été agressé par erreur, ce qui n'est pas vraiment l'avis des enquêteurs. Il y a trop de détails troublants.

    Lorsqu'un deuxième homme âgé et handicapé, Klaus, est assassiné chez lui, avec le même mode opératoire, le doute n'est plus permis, les deux agressions sont certainement liées et ne sont pas le fruit du hasard.

    Les enquêteurs finissent par trouver que les deux hommes se sont connus pendant la guerre. C'est l'aspect du roman qui m'a le plus accrochée, évoquant la Guerre d'hiver puis l'enrôlement de jeunes Finlandais volontaires dans les SS lorsque les Allemands ont attaqué l'Union Soviétique. Un passé dont ils ne se vantent pas et où ils ont vécu ou commis des violences extrêmes.

    Les trois enquêteurs qui travaillent sur l'affaire étaient déjà présents dans "le serment". Pavoliita, est tourmenté par l'enquête mais tout autant par son couple qui part à vau-l'eau. Il n'est pas sûr d'avoir envie de faire des efforts pour qu'il dure plus longtemps. Il réfléchit beaucoup et va être confronté à des problèmes de conscience difficiles, surtout à la fin.

    Linda, son équipière,  supporte mal sa solitude et lutte toujours pour ne pas retomber dans la bouteille. Je me souvenais moins bien de Oksman, toujours aussi énigmatique aux yeux de ses coéquipiers, sans que cela gêne ma lecture.

    Bien entendu je ne vais pas vous en dire plus, ce sera difficile d'avancer avec Albert qui nie tout ce que les enquêteurs lui opposent. Est-il aussi innocent qu'il le dit, ne sait-il vraiment rien de ses agresseurs comme il le prétend ?

    Il ne faut pas se cacher que les chapitres sur l'Ukraine en 1941 ne sont pas faciles à lire, on comprend vite que la violence va aller crescendo et que les jeunes recrues n'en sortiront pas indemnes. La Finlande a du mal à regarder en face cette période là de son histoire et préfère oublier.

    L'histoire n'est pas manichéenne, le fond est certainement bien documenté, les relations entre les enquêteurs approfondies, un excellent polar scandinave.

    L'avis de Dasola

    La série "Delta noir" dans l'ordre chronologique :

    - Le serment
    - La revanche
    - Tous les silences
    - La honte

    Première participation au challenge "Un hiver Polar" chez Alexandra

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    Arttu Tuominen - Tous les silences - 456 pages
    Traduit du finnois par Claire Saint-Germain
    Points - 2025

  • Ce mort que nul ne pleure

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    "Le côté positif, c'est qu'il a  une imagination très développée et qu'il possède encore la faculté de s'émerveiller des petites choses de la vie. L'aspect négatif, c'est qu'il ne fait pas toujours face aux évènements d'une façon adulte ... il se replie dans son univers de fantasmes au lieu de regarder en face ce qui lui déplaît. Remarquez, chacun de nous s'est rendu coupable de cette faiblesse à un moment ou à un autre".

    Sans le savoir, j'ai commencé cette série par la 8e enquête (Noël sanglant à Nothing Hill) et j'ai continué avec la 4e. 

    Ce n'est pas très gênant pour l'enquête que le Superintendant Ducan Kincaid et l'inspectrice Gemma James ont à mener.

    C'est juste un peu troublant de passer d'un couple constitué aux prémices de leur sentiment amoureux.

    La victime est un commissaire divisionnaire, bien connu pour sa rigueur implacable. Le voilà assassiné à coups de marteau dans son propre domicile. Ce sont sa femme et sa belle-fille qui l'ont trouvé en rentrant d'une virée shopping.

    Le commissaire habite un petit village anglais typique où tout le monde se connaît, où peu de choses peuvent se passer sans attirer l'attention de quelqu'un. Encore faut-il que les langues se délient.

    Et c'est là que nous découvrons que cet homme intransigeant et rébarbatif n'était aimé par personne, voire carrément détesté. Nos deux enquêteurs auront fort à faire pour dénouer les fils de l'histoire.

    Nous sommes en Angleterre, ils ont à peine mis le pied dans une maison que la bouilloire est sur le feu et le thé en préparation .. Il y a pléthore de suspects, des complications constantes, des pièges, des incohérences. Notre commissaire père la morale était loin d'être aussi parfait qu'il le clamait. Le bonhomme était vraiment infect.

    Nous suivons une piste, puis une autre, j'ai deviné assez vite qui avait pu faire le coup, ce qui ne m'arrive pas souvent. Ça n'a pas empêché le plaisir d'une lecture-confort où l'on se glisse paresseusement les jours de fatigue.

    Si jamais vous vouliez vous lancer, je vous mets ci-dessous la liste des enquêtes par ordre chronologique :

    1  Meurtres en copropriété
    2  Le Dernier Printemps de Jasmine
    3  Ne réveillez pas les morts
    4  Ce mort que nul ne pleure
    5  Une affaire très personnelle
    6  Le passé ne meurt jamais
    7  Les Mystères de Glastonbury
    8  Noël sanglant à Notting Hill
    9  L'Empire du malt
    10  Chambre noire
    11  Une eau froide comme la pierre
    12  Les Larmes de diamant
    13  La Loi du sang
    14  Mort sur la Tamise
    15  L’Incendie du Crystal Palace
    16  To Dwell in Darkness
    17  Garden of Lamentations
    18  A Bitter Feast
    19  A Killing of Innocents

    J'en profite pour vous signaler le challenge Hiver Polar qui va démarrer le 21 Décembre chez Alexandra (Je lis, je blogue) et qui s'achèvera le 21 Mars 2026

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    Deborah Crombie - Ce mort que nul ne pleure - 412 pages
    Traduit par Jacqueline Lahana
    Livre de poche - 2002

  • Noël sanglant à Nothing Hill

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    "Gemma s'arrêta net, surprise de voir tant de sang dans un tel cadre, surprise aussi par l'aspect physique de Karl Arrowood "Un mari beaucoup plus âgé", avait dit Gerry Franks, ce qu'elle avait mentalement traduit par "un vieux monsieur décrépit". Or, l'homme qui la regardait du fond de la pièce ne devait pas avoir plus de cinquante cinq ans. Mince et musclé, il avait un visage énergique, légèrement hâlé et d'épais cheveux aussi jaunes que les murs de la maison".

    C'est par hasard que j'ai commencé ce roman policier dont l'autrice m'était inconnue. Des livres à disposition dans un salon de thé, quelques pages parcourues et c'était parti. Je ne l'ai pas regretté, j'ai passé un bon moment.

    Je le classe dans la catégorie "polar pépère", le genre où le couple d'enquêteurs a souvent autant d'importance que l'intrigue elle-même. J'ai appris par la suite que c'était une série qui comportait 18 enquêtes ! Celle-ci doit être la quatrième ou cinquième, mais ça ne m'a pas gênée.

    Comme le titre l'indique, nous sommes à Londres, dans le quartier de Notting Hill et Noël approche. Gemma James, Inspectrice de police de fraîche date ne manque pas d'occupations. Un nouveau poste, un nouveau compagnon, qui n'est autre que son ancien supérieur hiérarchique, Duncan Kincaid, deux jeunes garçons, un déménagement dans une grande maison pour tout le monde .. tout va trop vite. De plus, elle est enceinte, et ne sait trop comment annoncer la nouvelle autour d'elle.

    C'est dans ce contexte que survient le meurtre d'une très belle jeune femme, Dawn Arrowood, épouse d'un riche antiquaire du quartier, Karl Arrowood, beaucoup plus âgé qu'elle. Elle est retrouvée dans l'allée de sa maison, baignant dans son sang. Il se murmure que la fortune de son mari ne serait pas due qu'au commerce des antiquités, qu'il masquerait surtout un trafic de drogue.

    Serait-ce la raison du meurtre ? Ou est-elle à chercher du côté d'un jeune homme que Dawn fréquentait beaucoup ces derniers temps, Alex Dunn ? Gemma se lance dans l'enquête avec l'appui de Duncan qui est concerné lui aussi par cette affaire.

    Il y aura bien sûr des fausses pistes, des rebondissements, des erreurs, le tout dans l'ambiance survoltée d'avant fêtes. J'ai aimé ce quartier d'antiquaires et de brocanteurs, bruissant de visiteurs cherchant un cadeau de dernière minute, en général des habitués du célèbre marché du samedi matin. J'ai aimé aussi le café où la bande entourant Alex Dunn se retrouvait fréquemment et qui appréciait Dawn. 

    Gemma est débordée par l'enquête d'autant plus qu'un deuxième meurtre survient, à peu près dans les mêmes conditions. Elle craint de ne pas s'en sortir, sans compter les problèmes à régler à la maison et au travail. Ça n'ira pas sans quelques coups de colère et de remise de pendules à l'heure.

    Gemma résoudra son enquête après quelques péripéties douloureuses et j'ai trouvé l'ensemble assez sympathique pour continuer la série.

    J'ai apprécié chaque tête de chapitre qui donne à lire un extrait sur l'état du quartier de Notting Hill dans le passé (très pauvre et mal famé) et ce qu'il est devenu par la suite. J'avoue que je l'ignorais.

    L'avis de Niki

    Participation au challenge d'Athalie et Ingannmic

    Sous les pavés, les pages Du 15 septembre au 15 novembre Quatrième édition paragraphe.png

    Deborah Crombie - Noël sanglant à Notting Hill - 478 pages
    Traduit de l'anglais par Gérard de Chergé
    Livre de Poche - 2004

  • Le poète

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    "Tandis que je tapais sur mon clavier, l'image de mon frère ne cessait de me revenir en mémoire. Cette photo aseptisée, sans vie, me dérangeait désormais. Car j'avais cru à l'impossible. J'avais laissé tomber Sean et mon sentiment de culpabilité était encore plus intense. C'était mon frère dans cette voiture, mon jumeau. C'était moi."

    Longtemps après tout le monde, je découvre l'auteur Michael Connelly avec l'un de ses meilleurs titres semble-t'il. Je l'ai lu courant juin et je m'aperçois que j'ai déjà beaucoup oublié, ce qui n'est pas bon signe.

    Une chose est sûre, l'enquête est addictive, les pages se tournent toutes seules et j'avais hâte de connaître le dénouement.

    Jack McEvoy est chroniqueur judiciaire pour un grand journal. Son frère jumeau est policier et vient de se suicider en se tirant une balle dans la bouche. Jack ne peut pas accepter la version du suicide. Pas son frère. Pas comme ça. Et que vient faire le poème d'Edgar Allan Poe laissé sur le pare-brise de sa voiture ?

    Jack va devoir ruser pour avoir accès à l'enquête ; les collègues de son frère refusent obstinément de la lui montrer et lui conseillent de tourner la page.

    L'intrigue est assez vertigineuse, d'autant plus que la quête de Jack est entrecoupée du récit d'un certain Gladden. Le genre d'homme qui glace jusqu'à la moëlle des os. Le lecteur a ainsi connaissance d'éléments que Jack n'a pas encore. 

    L'enquête se corse avec l'apparition du F.B.I. en la personne de Rachel Walling, qui ne laisse pas Jack indifférent. 

    Dans cette histoire Jack est-il manipulé ? est-il un appât, un gêneur ?Quel rôle tient Rachel ? L'enquête s'obscurcit, les rebondissements se multiplient, de plus en plus de personnages apparaissent, jusqu'à un retournement final assez magistral.

    J'ai appris qu'il y avait une suite à ce poète, sans que ce soit très clair. Il faudrait lire un autre livre de la série pour vraiment comprendre l'histoire. Si quelqu'un peut m'éclairer ?

    C'est une lecture facile, addictive comme je l'ai déjà dit ; toutefois, j'y ai trouvé trop de violence à mon goût pour poursuivre. 

    L'avis de Anne Fanja Sandrine

    Michael Connelly - Le poète - 544 pages
    Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Esch
    Editions Points - 2007

  • Coupez !

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    "Elle avait connu tant de médiocres qui avaient réussi, sans être troublés par le syndrome de l'imposteur qui interdisait presque à un gamin comme Jérôme de s'imaginer capable d'atteindre les sommets. Des gens qui étaient allés tellement plus loin que leur talent n'aurait dû le leur permettre, artificiellement soutenus par leur confiance de privilégiés, par l'inflexible certitude que tout leur était dû et par un népotisme pur et simple. Bon sang, il n'y avait qu'à regarder la composition du gouvernement britannique actuel, où le Médiocre en chef régnait sur un genre de méritocratie, mais inversée".

    Ce polar est arrivé chez moi un beau jour, sans que je l'ai demandé et comme je n'avais pas été emballée par un premier titre (Sombre avec moi) je l'ai laissé de côté.

    Il faut que je vous dise que je fais (en tout cas j'essaie) un grand ménage dans mes livres et les piles montent, une pour le bouquiniste du coin, une pour Emmaüs, une pour la boîte à livres, le reste je garde. "Coupez" a failli aller chez le bouquiniste, mais j'ai décidé de lui donner une chance et je ne l'ai pas regretté.

    J'ai donc fait la connaissance de Millicent, récemment libérée après une détention de vingt-quatre ans pour le meurtre de son amant. Elle sort à 72 ans, dépassée par le monde qu'elle retrouve et qu'elle ne reconnaît pas.

    Elle trouve refuge auprès de deux autres vieilles dames, dont une, Clara, a entrepris de la réinsérer à sa manière, en lui donnant une tâche différente chaque jour pour lui faire reprendre contact avec le quotidien.

    Dans sa vie d'avant, Millicent était spécialisée dans le maquillage et les effets spéciaux dans des films d'horreur de série B, ce qui nous vaut quelques descriptions assez gores. Elle était excellente dans son métier et fréquentait un milieu aussi glauque qu'on peut l'imaginer, avec des personnalités plus ou moins troubles, mais peu lui importait tant qu'elle travaillait.

    Le hasard met sur sa route Jérôme (alias Jerry) étudiant en cinéma en délicatesse avec son entourage et cohabitant chez Clara pour s'éloigner des étudiants qu'il connaît un peu trop.

    A la surprise de Millicent, Jerry connaît Mancipium, fameux film maudit qui n'a jamais pu être terminé et dont les bobines ont disparu. Dans le même temps, Millicent découvre une photo qui remet complètement en cause la version du meurtre de son amant. Elle n'a pas réussi à convaincre de son innocence jadis et cette photo la fait gamberger ; suffisamment pour partir en Europe avec Jerry à la recherche de la vérité.

    Les voilà partis dans un road trip mené tambour battant, dangereux et parsemé de cadavres. Sans le vouloir Millicent est devenue une cible en remuant le passé, ce qui la fait redoubler d'ardeur. 

    Le duo improbable du départ se révèle de mieux en mieux rôdé. Millicent a un sacré caractère, mais son expérience de la prison l'a rendue souvent frileuse, ce qui ne l'empêche pas de bouillir intérieurement. Jerry lui, se sentira toujours illégitime dans le milieu où il est parvenu. Ils vont s'entraider et se booster mutuellement quand il le faut. Et il y a cet amour d'un certain cinéma qui les lie plus que tout.

    C'est ce tandem qui fait l'intérêt du livre, avec un humour assez dévastateur sur la société en général et le microscome du cinéma d'horreur en particulier. Le passage des fugitifs à Paris est assez savoureux. Après un démarrage un peu lent, le rythme accélère et le suspense est permanent.

    Je n'ai pas toujours bien suivi les multiples ramifications de l'histoire mais ce n'est pas grave. Je voulais surtout connaître la fin.

    L'avis de Cathulu

    Chris Brookmyre - Coupez - 512 pages
    Traduit de l'anglais (Ecosse) par David Fauquemberg
    Editions Métailié - 2022

  • Dans les brumes de Capelan

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    "Même ses vacances, une à trois semaines deux ou trois fois par an, il les passait seul, dans cette résidence où personne n'était jamais entré. Il devait aimer lire, se disait-on, écrire peut-être, et si c'était ses mémoires, la question était de savoir ce qu'il allait pouvoir mettre dedans, puisque rien des années passées ici n'aurait pu remplir un chapitre. Voilà l'idée que l'on se faisait de Coste, sans imaginer une seconde que pendant ses supposées vacances il avait recueilli les confidences des pires ordures de la criminalité organisée et, par sa seule parole, décidé de leur avenir, sauvés ou sacrifiés, lui, le capitaine lisse et conciliant qui n'emmerdait jamais personne dans sa maison suicidaire au bord du précipice."

    J'ai quitté le Capitaine Coste en bien mauvais état à la fin de "Surtensions". Je ne pouvais pas rester trop longtemps dans cette incertitude, sachant qu'il réapparaissait dans un contexte très différent.

    Il a donné sa démission de la police, mais est nommé quand même à un poste secret défense, dans l'Archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, battu par les vents, la neige et le froid, sans compter les fameuses brumes saisonnières qui brouillent tous les repères. Il participe à un programme de protection des témoins, en général des repentis et après les avoir étudiés sous toutes les coutures, c'est lui décide de leur sort.

    Une affaire particulièrement difficile s'annonce. En France on vient de retrouver une jeune fille vivante, la dixième d'une série dont aucune n'a survécu. Le tueur est en cavale et lancé sur les traces de la rescapée, Anna Bailly. La hiérarchie de Coste décide de l'envoyer dans la forteresse pour la mettre à l'abri et essayer de la faire parler. Qu'a dû faire cette jeune fille pour rester en vie si longtemps (dix ans), alors que les autres ont été tuées rapidement ? Elle les a toutes connues et a été leur compagne d'enfermement pendant quelques jours ou quelques semaines.

    Encore un livre de d'Olivier Norek que l'on ne peut pas lâcher une fois qu'on l'a commencé. Dans celui-ci la tension est constante et augmente encore avec l'arrivée d'Anna.

    Il y a d'un côté l'atmosphère particulière de l'île, les relations que Coste a pu s'y faire. Il s'arrange pour ne déranger personne et attend la même attitude vis-à-vis de lui.

    Et il y a le face à face Coste-Anna, qui va évoluer sans cesse et souffler le chaud et le froid. C'est une jeune personne énigmatique, perturbée et bousculée par les derniers évènements. Tantôt fragile, tantôt manipulatrice, elle embarque Coste dans une relation complexe et on ne sait pas toujours qui mène le jeu.

    La paroxysme est atteint avec l'intrusion du tueur sur l'île, au début des brumes qui durent trois semaines. L'auteur va encore arriver à nous surprendre jusqu'à la dernière minute. Plusieurs fois j'ai cru avoir compris ce qui allait arriver et bien non, un revirement de dernière minute m'a scotchée.

    Il ne faut pas être trop difficile sur la vraisemblance de certains développements mais peu importe, c'est un régal de retrouver Coste dans la peau du flic à bout, revenu de tout, confronté malgré lui à ce qu'il a fui. Il est mis à rude épreuve avec Anna dont la psychologie est difficile à saisir et pour cause.

    Une lecture prenante, avec des personnages étoffés et une ambiance angoissante.

    Je rappelle que le Capitaine Coste est présent dans une trilogie :

    Code 93
    Territoires
    Surtensions

    Il n'est pas nécessaire de les connaître pour lire celui-ci, mais c'est mieux.

    L'avis de Dasola Enna Ingannmic Violette

    Olivier Norek - Dans les brumes de Capelan - 480 pages
    Pocket - 2023

  • Surtensions

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    "Après douze ans à la crime du 93, il devenait compliqué pour ces flics de parler d’une rue sans la connaître pour un viol, un enlèvement ou un homicide."

    Les polars se suivent et ne se ressemblent pas. Je ne peux pas qualifier celui-là de pépère, loin s'en faut.

    J'ai aimé les deux précédents romans (ici et ) mettant en scène le Capitaine Victor Coste et je savais que je le retrouverais tôt ou tard. Voilà qui est fait avec ce troisième opus, aussi fort que les précédents.

    Victor Coste n'arrive pas tout de suite, nous avons d'abord une longue introduction sur l'univers des prisons, aussi cauchemardesque que prévu et même au-delà. Nous allons faire la connaissance de plusieurs détenus qui auront leur importance (ou pas) dans ce qui va suivre.

    Plusieurs affaires s'entremêlent ensuite, difficile à démêler, entre une soeur prête à tout pour faire sortir son petit frère de prison, une famille retenue en otage et terrorisée et quelques malfrats qui ne font pas dans la demi-mesure.

    Pas question de divulgâcher quoique ce soit ; il faut seulement savoir que c'est un des meilleurs de la série, très noir malgré les touches d'humour. L'équipe de Coste va être mise à rude épreuve, chaque membre est bien décrit avec son caractère et sa manière de réagir.

    Coste lui-même n'est pas au mieux de sa forme, après quinze ans dans le 93 il se sent usé, il n'y croit plus et songe sérieusement à démissionner. Son humanité ressort d'autant plus devant les cas de conscience qui lui tombent dessus. Toujours aussi mal à l'aise avec les sentiments, il a du mal à maintenir une relation avec Léa, la médecin légiste.

    Il n'y aura pas de happy-end, pour personne.

    Il ne faut pas oublier que l'auteur a été policier dans la vie et ce qu'il décrit doit être réaliste, ce qui fait frémir au vu de certains endroits où la vie ne vaut vraiment pas cher et ou certains individus n'ont aucune limite.

    Malgré le côté très sombre de l'histoire, j'ai été captivée par cette lecture où la tension ne faiblit pas.

    L'avis de Philippe

    Olivier Norek - Surtensions - 480 pages
    Pocket - 2017

  • Hildur

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    "Elle regarda le poulet qu'elle venait de réchauffer au micro-ondes et pensa à sa situation. Ce moment allait vite passer. Ce n'était pas le première fois qu'elle éprouvait un effondrement pareil. Il fallait juste qu'elle tienne face à la tristesse".

    Je n'étais pas allée en Islande depuis trop longtemps, aussi je n'ai pas hésité à mettre la main sur ce polar lorsque je l'ai vu à la bibliothèque.

    L'intrigue se passe à Ísafjorður, dans les fjords de l'ouest, le genre de région où il faut être né pour supporter les aléas climatiques, le froid, les tempêtes, les nuits interminables et l'isolement qui va avec.

    Hildur, inspectrice de police, se plaît dans sa petite ville, où elle connaît tout le monde. Elle porte un lourd fardeau, la disparition inexpliquée de ses deux petites soeurs, vingt-cinq ans plus tôt. Ce drame a pesé lourd sur sa vie et elle n'a pas abandonné l'idée d'éclaircir un jour le mystère.

    Pour le moment, elle attend l'arrivée d'un stagiaire venu de Finlande, Jakob Johanson. Ils vont travailler en équipe sous la direction de Beta, supérieure compétente et compréhensive.

    Détail amusant, Jakob tricote pour se détendre les nerfs. Il semblerait que ce soit moins rare en Islande que chez nous. Le temps de l'enquête lui permettra de réaliser un magnifique pull islandais. Jakob traverse lui-même une épreuve pénible, la dissolution de son mariage et le refus de son ex-femme de lui laisser voir son fils.

    Dans ce coin perdu plutôt tranquille, une avalanche vient de permettre de trouver le cadavre d'un vieil homme à la réputation sulfureuse, sans aucun doute pédophile. Ce n'est pas l'avalanche qui l'a tué. Dans la foulée, la découverte de deux autres cadavres montre que les trois morts sont liés. Reste à trouver par quoi.

    L'un des trois morts est un proche d'Hildur, elle va donc devoir affronter les difficultés de l'enquête et la tempête émotionnelle déclenchée par une perte personnelle. De plus, elle pense être aussi sur la piste de ses petites soeurs.

    C'est ce que j'appelle un polar "pépère", pas de surenchère sanglante, on y parle de l'enquête mais aussi des habitudes de vie des habitants, des relations avec la lointaine capitale, des déplacements difficiles et finalement je me suis plus attachée aux enquêteurs qu'à l'intrigue.

    C'est le premier tome d'une série, je suis prête à continuer lorsque le deuxième paraîtra.

    L'avis d'Antigone Cathulu Eimelle

    Satu Rämö - Hildur - 448 pages
    Traduit du finnois par Aleksi Moine
    Editions du Seuil - 2024