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Le goût des livres

  • Pause

    Je lis en ce moment, mais je n'arrive plus à écrire et la période est un peu bousculée chez moi. Alors je fais une pause une quinzaine de jours, histoire de retrouver un minimum de concentration et de disponibilité. Je vous laisse avec des photos du bois de Cise et de la Baie de Somme (Ault) prises dimanche. A bientôt.

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  • La photo du jour

    C'est le temps du colza ..

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    Pourville-sur-Mer (mardi)

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  • Bon dimanche

    La danseuse est Eleanor Powell (merci Dasola). En bonus, un autre extrait de biguine.

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  • Chiens des Ozarks

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    "Il se passa la main sur le visage et se massa les tempes en avisant plus loin le panneau vantant la résidence en béton flambant neuve, cernée d'arbres luxuriants, d'eaux claires, sans oublier les montagnes au premier plan. Une image d'Epinal. Un mensonge. Etait-ce pour ça que Jeremiah était allé se battre à Khe Sanh ? Etait-ce pour ça que Carlos était mort au combat ? Non, ce n'était pas le genre de rêves qui lui avait permis de tenir à la guerre, ça, c'était une putain de certitude."

    Voilà un premier roman d'un auteur américain qui m'a fait une forte impression. L'Amérique profonde, (ici l'Arkansas) la violence, le déclassement, les vengeances, j'ai déjà lu sur ces thèmes-là, mais j'ai été particulièrement impressionnée ici.

    Peut-être parce que je me suis attachée tout de suite à certains personnages et en ai craint d'autres d'emblée, sentant venir les gros ennuis. L'histoire se révèle par bribes, des évènements du passé sont distillés progressivement, charge au lecteur de recomposer le passé et de recommencer à la révélation suivante, dans une configuration qui s'éclaire différemment plusieurs fois.

    Tout d'abord, Jemeriah, vieil homme, grand-père de Jo, ancien combattant du Vietnam, revenu brisé de la guerre, il trouvera refuge dans la bouteille. Nous comprenons assez vite que le père de Jo, Jake, est en prison à vie pour meurtre. Jeremiah s'est juré de ne pas boire le temps d'élever sa petite-fille.

    Jo a peu d'éléments sur ses parents, rien sur sa mère ou presque et guère plus sur Jake. Elle devient une jeune fille, ce qui ne manque pas d'inquiéter Jeremiah, qui n'a aucune envie de voir les garçons tourner autour d'elle. Jeremiah est propriétaire d'une casse automobile et possède un arsenal impressionnant. Il a appris très tôt à Jo à se servir des armes, au cas où elle aurait à se défendre.

    Ce moment là viendra. En face, le clan de Bunn et sa famille attend l'heure de venger la mort d'un des leurs. Jo tombe amoureuse de Colt, lié au clan. Trafiquants de meth, membres du KKK, relations troubles au sein de la famille, tout pour plaire. La traque peut commencer.

    Je ne vais pas aller plus loin, c'est une histoire qu'il faut découvrir une péripétie après l'autre. Mention spéciale aussi pour la shérif du coin qui fait ce qu'elle peut, c'est-à-dire pas grand chose. Inutile de préciser que dans ce contexte, les femmes n'ont pas la vie facile.

    La région des Ozarks a l'air particulièrement difficile à vivre et inhospitalière, ravagée par le chômage. Ce contexte est un élément de suspense de plus. Je dois dire que j'ai été sonnée par un basculement final que je n'avais pas vu venir. 

    Un livre que je n'ai pas lâché malgré sa dureté et je suis prête à continuer avec l'auteur.

    L'avis d'Alex

    Merci à Masse Critique de Babelio

    Eli Cranor - Chiens des Ozarks - 312 pages
    Traduit par Emmanuelle Heurtebize
    10/18 - 2026

  • Le reflet du soleil dans un morceau d'enfance

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    "Bertille était appelée à une carrière correcte mais sans éclat. Lucide, elle était parfaitement consciente que le travail et l'amour immodéré du métier ne suffisaient pas toujours à renverser les équilibres en place depuis des siècles. Le couvert était dressé, le repas était servi, les assis, les héritiers et les bien-nés étaient déjà installés et n'avaient qu'à se servir. Bertille savait qu'elle arrivait après la pièce montée, on la tolérait à la table des festivités, on daignait lui accorder un bout de banc pour qu'elle y pose une fesse, mais elle ne serait jamais une convive comme les autres."

    L'auteur a l'art des titres. Ce troisième recueil de nouvelles ne fait pas exception à la règle. Il nous présente douze histoires où surgit souvent sans crier gare l'enfant que nous avons été, les traumatismes enfouis, les moments figés à notre insu, qui ne demandent qu'à revenir, souvent pour pousser au changement.

    Les milieux sociaux sont très variés, certains ont réussi, d'autres pas, ils ont fait leur chemin comme ils ont pu. Comme toujours avec les nouvelles, certaines nous accrochent plus que d'autres, comme par exemple ici un "Carnet de grossesse" qui va être utilisé d'une manière inhabituelle par une jeune femme enceinte taraudée par une peur profonde et irrépressible.

    Une autre nouvelle poignante est celle d'un ratage total entre un père brillantissime et son fils toxico. Le lien arrivera-t'il à se nouer devant une vidéo ? (Arbitrage vidéo).

    L'ensemble est d'une tonalité plus sombre que ce que j'attendais, mais l'humour est bien présent également et une note positive vient toujours éclairer l'épreuve que les personnages traversent. Les nouvelles abordent aussi des problèmes de société que nous connaissons tous et où nous pouvons nous reconnaître.

    C'est ma troisième lecture de l'auteur, avec le même plaisir.

    - Le bruit du verre contre la vitre
    - Les vrais héros ne portent pas de slip rouge (pas de billet)

    Merci à l'auteur et aux Editions Quadrature de leur envoi

    L'avis d'Anne Antigone Philippe

    Axel Sénéquier - Le reflet du soleil dans un morceau d'enfance - 156 pages
    Editions Quadrature - 2026

  • La photo du jour

    Au premier plan Le Tréport, au fond Mers-les-Bains

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    Si vous passez par là, ne manquez surtout pas la nouvelle librairie-café "Les Bucoliques". Le lieu est beau, le choix au top, l'accueil sympathique. Je ne vous garantis pas que vous ressortirez les mains vides.

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