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un hiver polar

  • Le mal en personne

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    "De la terre s'effondra des bords lorsqu'il souleva le sac et le posa au centre de la bâche. Wisting eut le temps d'apercevoir encore du plastique dans le trou. Il regarda Line, puis l'objectif en se disant qu'il aurait voulu qu'elle ne soit pas là. Ils savaient tous ce qu'ils allaient trouver et il aurait préféré qu'elle n'y assiste pas".

    Ce polar norvégien fait partie d'une série. C'est le 7e. J'ai lu les 6 précédents il y a deux ans, les uns derrière les autres (pas de billets). Je sortais d'une période sans lecture. J'ai pu reprendre doucement, avec l'Inspecteur Wisting ; ce sont des romans faciles à lire, agréables, avec un enquêteur normal, ni alcoolique, ni caractériel, ni borderline ... 

    La trame est toujours un peu la même. Le commissaire enquête sur une affaire et rapidement sa fille, Line, enquête de son côté en tant que journaliste. Il y a toujours un moment ou la fille se met en danger et où le père vole à son secours.

    Au sixième épisode, un peu lassée par le procédé, j'ai lâché la série et je suis passée à autre chose. Le temps passant, j'ai eu envie de retourner en Norvège, de retrouver Wisting et son équipe. Voir comment les policiers travaillent, comment la police est structurée en Norvège n'est pas sans intérêt. 

    Ici, nous entrons directement dans l'action avec la reconstitution d'un meurtre. Tom Kerr, emprisonné pour avoir violé, tué et torturé plusieurs jeunes filles, a accepté de dévoiler l'endroit où est dissimulé le corps de sa dernière victime.

    L'inspecteur William Wisting n'est pas le principal organisateur de la reconstitution, mais il la dirige. Il est donc directement mis en cause lorsque Tom Kerr parvient à s'évader sans laisser de traces.

    Sa fille Line est présente également, elle filme la reconstitution pour la police.

    C'est parti pour une traque pleine de rebondissements et de surprises. A commencer par Wisting qui apprend que la reconstitution était en réalité destinée à faire sortir du bois un complice de Tom Kerr, aussi cruel que lui et dont l'identité est inconnue.

    Nous avons donc la recherche de deux types très dangereux, les problèmes de Wisting avec sa hiérarchie et les medias sous pression. De plus, il est inquiet de voir sa fille mêlée à l'histoire. 

    Le titre dit bien à quel point il est question ici de mal absolu, les deux assassins ne reculant devant aucune atrocité, sans la moindre empathie. Les tentatives d'explications psychologiques sont assez développées, sans être satisfaisantes.

    J'ai eu quelques soupçons pendant ma lecture, mais je ne m'attendais pas au tournant final. Le suspense est fort et les derniers chapitres se dévorent.

    J'ai eu l'impression que cette histoire-là était plus violente que les précédentes, avec des descriptions dont je me serais bien passée. Ce qui ne m'a pas empêchée d'apprécier l'ensemble.

    La série, dans l'ordre :

    - Fermé pour l'hiver
    - Les chiens de chasse
    - L'ursurpateur
    - Le disparu de Larvik
    - Le code de Katharina
    - La chambre du fils
    - Le mal en personne
    - Le dossier 1569
    - La dernière enquête
    Il est à noter que la série n'a été traduite en français qu'à partir de la septième enquête. Les six premières ne sont donc pas disponibles (et je me demande pourquoi).

    L'avis de Géraldine Keisha

    Challenge "Un hiver polar"

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    Jørn Lier Horst - Le mal en personne - 416 pages
    Traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier
    Folio - 2025

  • Rosá & Björk

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    "Le sang bouillonnait dans ses veines. Le froid était suivi d’une chaleur réconfortante. Nager dans la mer avait remédié à la sensation de pesanteur qui flottait en elle. Elle plia sa serviette, la reposa sur le banc en bois et s’assit un instant dans l’air froid. La sensation du vent contre sa peau refroidie par l’eau de mer était agréable." 

    Retour en Islande, dans les fjords de l'ouest, avec Hildur l'inspectrice de police et son adjoint finlandais, Jakob Johanson. Facile à reconnaître, c'est lui qui tricote pour se détendre ou réfléchir. Accessoirement il fait de très beaux pulls.

    J'avais aimé la première enquête, Hildur, et m'étais attachée rapidement aux policiers, tourmentés tous les deux par des problèmes personnels envahissants. 

    Pour Hildur, c'est la disparition de ses deux petites soeurs lorsqu'elle était enfant qui la taraude. Dans la première enquête, elle pensait retrouver leurs traces et peut-être résoudre le mystère de leur volatilisation, sans avoir laissé le moindre indice.

    Quant à Jakob, il se bat pour avoir le droit de parler à son fils, resté en Finlande, avec sa mère, après leur séparation. Son ex-femme fait tout pour le soustraire à ce droit, jusqu'au renoncement de Jakob. Ce qu'il n'a pas l'intention de laisser faire.

    lls en sont là lorsqu'un homme politique très influent est tué et à en croire son entourage, nombreux sont ceux (ou celles) qui avaient de bonnes raisons de souhaiter sa mort. Plus tard, ils s'apercevront que la mort d'un pilote d'avion, attribuée à un accident, est en fait liée à celle du politicien.

    J'avoue m'être plus intéressée à la vie privée d'Hildur et Jakob qu'aux problèmes politiques du fjord. Hildur se sent assez invincible par certains côtés, et les scènes où elle nage dans une eau glacée et trop agitée sont assez marquantes, brrrrrr.

    Jakob est plus calme, mais son désespoir de père fait peine à voir. Heureusement qu'une certaine mercière du village est là maintenant pour le soutenir.

    Tout cela pourrait gentiment ronronner, mais l'autrice m'a réveillée d'un seul coup avec la disparition de ses petites soeurs. Elle nous entraîne sur une piste que je n'avais vraiment pas vu venir et qui me fait déjà attendre avec impatience le troisième tome de la trilogie.

    En résumé, une équipe qui tient la route, des personnages qui prennent de l'épaisseur et le problème des violences faites aux femmes en toile de fond. Et bien sûr, la rudesse du climat des fjords de l'Ouest, qui donnent vite une sensation d'isolement total.

    L'avis de Dasola Eimelle

    Participation à Un hiver polar (Scandinavie, féminicide, arme à feu, jalousie)

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    Participation à Escapades en Europe, chez Cleanthe

    L'autrice, d'origine finlandaise, est installée depuis longtemps en Islande.

    Satu Rämö - Rosá & Björk - 432 pages
    Traduit du finnois par Aleksi Moine
    Editions du Seuil - 2025

  • Le passé ne meurt jamais

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    "Une fois installés devant la table garnie de saucisses, de pain frit, de tomates et de tasses de thé fumantes, George entreprit de lui raconter ce qui s'était passé pendant son absence. A présent, il pouvait parler du corps qu'il avait découvert sans avoir la gorge serrée et, à chaque nouveau récit, la jeune femme rousse devenait plus belle".

    Je continue la série de Déborah Crombie avec les enquêteurs Duncan Kincaid et Gemma James. C'est la sixième enquête et comme je les lis dans le désordre, je retrouve le duo de policiers à un moment où leur relation est fluctuante. Déjà intime, mais pas du tout familière ou installée. Je sais que la situation va en s'améliorant puisque j'ai déjà lu le suivant. C'est parfois un peu acrobatique, à l'avenir je vais suivre la série de manière chronologique.

    L'histoire commence avec le meurtre d'une magnifique jeune femme, Annabelle, alors qu'elle venait de discuter avec son fiancé. Qui pouvait en vouloir à cette femme d'affaires à qui tout semblait réussir ?

    Elle a hérité de son père une florissante maison de thés, avec l'intention de la moderniser et de la faire fructifier. Son père a beaucoup d'admiration pour elle, tout en gardant un oeil sur ce qu'elle fait.

    Fiancée à son associé, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les enquêteurs n'ont pas eu à gratter longtemps pour écorner cette belle image. 

    L'intrigue est assez chargée cette fois-ci, entre les affaires de famille, les affaires tout court et l'époque du blitz à Londres. C'est là qu'il va falloir remonter pour trouver l'origine du meurtre.

    Annabelle a été étranglée dans l'ancien quartier des Docks de Londres, populaire dans les années quarante, mais en pleine mutation vers une population chic et fortunée.

    L'aspect qui m'a le plus intéressée est l'envoi des enfants des Docks à la campagne au début du blitz pour les mettre à l'abri des bombardements. Accueillis dans des familles, ils tombaient plus ou moins bien et ont été forgés par cette séparation brutale. Les amitiés qui naîtront ici jouent leur rôle dans la mort d'Annabelle.

    Ladite Annabelle qui avait une vie sentimentale assez agitée, séduisant, manipulant, rejetant à son gré. Finalement les suspects ne manquent pas.

    Le thé est bien présent dans cette enquête, de sa culture à son arrivée dans votre tasse. Ambiance british garantie.

    Une lecture agréable, pépère comme je l'ai dit pour le volume précédent et pas désagréable du tout.

    Participation au challenge "Un hiver polar". J'ajoute les mots campagne anglaise, thé, jalousie

    policier, Un hiver polar,

    Deborah Crombie - Le passé ne meurt jamais - 412 pages
    Traduit par Jacqueline Lahana
    Le Livre de Poche - 2002

  • Poulets grillés

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    "Capestan n'avait pas élevé la voix, mais la salle se tut. La réunion virait à la séance de démotivation, il fallait intervenir. La commissaire survola l'assemblée du regard sans viser quiconque, mais, fait rarissime, elle s'adressa à eux sans sourire :
    - dans les films de guerre, celui qui dit "on va tous crever", il n'aide personne. Donc on arrête ça tout de suite et on ne refait pas l'histoire avec des "avant, avant". Avant d'atterrir là, on était déjà au rancart. Tous. Pas la peine de jouer les anciens barons des Orfèvres, la punition ne date pas d'aujourd'hui."

    Encore une série que je voulais découvrir depuis longtemps, sachant qu'elle est amusante. 

    La commissaire Anne Capestan a été mise à pied six mois, pour une raison que nous ignorons. S'attendant à être virée, elle est réintégrée dans une unité fantoche, priée en bref de ne pas se faire remarquer. On lui adjoint tous les "rebuts" du 36 rue des Orfèvres, plus ou moins originaux et excentriques, en délicatesse avec les règles.

    Un local minable leur est attribué dans Paris, ainsi qu'une pile de dossiers non résolus, à charge pour eux de voir s'ils peuvent faire mieux que leurs collègues. Bien sûr, tout le monde sait que l'on n'attend rien d'eux, si ce n'est la discrétion et l'oubli. Toucher leur salaire est déjà inespéré. 

    La hiérarchie devrait connaître un peu mieux Anne Capestan, qui n'est pas du genre à déclarer forfait aussi facilement. Elle choisit deux dossiers dans la pile et met son équipe au travail, du moins à ce qui peut s'en approcher le plus avec de tels bras cassés.

    Au début, j'ai eu du mal à m'y retrouver devant cet afflux de personnages, les deux enquêtes sont un peu embrouillées, mais au bout d'un moment les repères se font et j'ai souvent ri ou souri devant une succession d'excentricités et de situations invraisemblables.

    Peu à peu, les caractères des uns et des autres se précisent, les rendant assez sympathiques, on comprend pourquoi Capestan a été écartée et les raisons profondes de sa nomination à ce poste bidon s'éclairent d'un jour inattendu. Il lui faut de bonnes doses de diplomatie et d'optimisme pour tenir la barre. 

    Pour résumer, j'ai passé un bon moment avec Anne Capestan et son équipe, mais sans plus. Je ne sais pas si je vais continuer la série.

    Participation au challenge Un hiver Polar(+ vengeance)

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    L'avis de Anne Keisha

    Sophie Hénaff - Poulets grillés - 352 pages
    Albin Michel - 2015

  • Tous les silences

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    "Pavoliita comprit qu'il avait tout intérêt à se taire et à quitter discrètement la conversation. Il réalisa du même coup qu'il ne savait rien de rien, en réalité, de ce qui faisait le quotidien de sa famille. Il était là en passager clandestin, pendant que Terhi s'occupait de prendre tous les rendez-vous chez le dentiste, le pédiatre ou l'orthophoniste, de gérer la communication avec le jardin d'enfants et d'établir des listes de courses. La seule chose dont il se chargeait au sein du foyer était le changement des pneus d'hiver de la voiture deux fois par an. Il dit "Je vais les réveiller. Bois ton café tranquille".

    Je commence l'année avec un polar bien sous tous rapports. Je me suis intéressée autant à l'enquête qu'aux enquêteurs. Il fait partie d'une série "Delta noir" qui comporte quatre titres. Celui-ci est le troisième. Il y a quelque temps, j'ai lu et aimé le premier "Le serment".

    Nous sommes en Finlande, de nos jours, et alternativement en Ukraine, en 1941. Un vieil homme de 97 ans, Albert, est agressé dans sa maison de retraite. Deux individus en noir et cagoulés le traînent et le battent sur quelques mètres avec l'intention de le pendre à un arbre un peu plus loin. Sans l'intervention d'une infirmière il ne s'en sortait pas.

    Qui peut bien en vouloir autant à un vieillard ? C'est un pensionnaire agréable, apprécié, ancien combattant médaillé. Il a mené une vie tranquille avec sa femme, décédée, et a été un bon père pour ses deux filles.

    La police est sur les dents en imaginant les gros titres lorsque l'affaire sera ébruitée. Alfred pense qu'il a été agressé par erreur, ce qui n'est pas vraiment l'avis des enquêteurs. Il y a trop de détails troublants.

    Lorsqu'un deuxième homme âgé et handicapé, Klaus, est assassiné chez lui, avec le même mode opératoire, le doute n'est plus permis, les deux agressions sont certainement liées et ne sont pas le fruit du hasard.

    Les enquêteurs finissent par trouver que les deux hommes se sont connus pendant la guerre. C'est l'aspect du roman qui m'a le plus accrochée, évoquant la Guerre d'hiver puis l'enrôlement de jeunes Finlandais volontaires dans les SS lorsque les Allemands ont attaqué l'Union Soviétique. Un passé dont ils ne se vantent pas et où ils ont vécu ou commis des violences extrêmes.

    Les trois enquêteurs qui travaillent sur l'affaire étaient déjà présents dans "le serment". Pavoliita, est tourmenté par l'enquête mais tout autant par son couple qui part à vau-l'eau. Il n'est pas sûr d'avoir envie de faire des efforts pour qu'il dure plus longtemps. Il réfléchit beaucoup et va être confronté à des problèmes de conscience difficiles, surtout à la fin.

    Linda, son équipière,  supporte mal sa solitude et lutte toujours pour ne pas retomber dans la bouteille. Je me souvenais moins bien de Oksman, toujours aussi énigmatique aux yeux de ses coéquipiers, sans que cela gêne ma lecture.

    Bien entendu je ne vais pas vous en dire plus, ce sera difficile d'avancer avec Albert qui nie tout ce que les enquêteurs lui opposent. Est-il aussi innocent qu'il le dit, ne sait-il vraiment rien de ses agresseurs comme il le prétend ?

    Il ne faut pas se cacher que les chapitres sur l'Ukraine en 1941 ne sont pas faciles à lire, on comprend vite que la violence va aller crescendo et que les jeunes recrues n'en sortiront pas indemnes. La Finlande a du mal à regarder en face cette période là de son histoire et préfère oublier.

    L'histoire n'est pas manichéenne, le fond est certainement bien documenté, les relations entre les enquêteurs approfondies, un excellent polar scandinave.

    L'avis de Dasola

    La série "Delta noir" dans l'ordre chronologique :

    - Le serment
    - La revanche
    - Tous les silences
    - La honte

    Première participation au challenge "Un hiver Polar" chez Alexandra

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    Arttu Tuominen - Tous les silences - 456 pages
    Traduit du finnois par Claire Saint-Germain
    Points - 2025