Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le goût des livres - Page 42

  • Bon dimanche

    Pour la première vidéo du dimanche, le choix était facile cette semaine. Hommage à l'artiste et à la femme.

  • Deux femmes et un jardin

    5184Hqp19gL._SX195_.jpg

    "Dis-moi, toi qui n'a jamais failli te noyer, que Mariette était peut-être un peu nigaude, mais ensuite passe ton chemin. Mariette n'était pas plus stupide, ignorante ou empotée que la plupart d'entre nous. Simplement, elle avait senti que se jouait là quelque chose de l'ordre du miracle, et moins parce qu'un hasard avait fait d'elle la dernière représentante d'une tortueuse descendance qu'à cause de ce qu'elle devait appeler plus tard la bonté de la vie. Or le miracle requiert le silence de celui qui en est l'objet, ou plus exactement, il le lui impose".

    Voici un court roman qui s'est révélé être une lecture délicate et touchante sur deux personnes dont la rencontre était improbable. L'une dans la dernière partie de sa vie, l'autre en pleine adolescence.

    Par le plus grand des hasards, Mariette, femme de ménage à Paris, a hérité d'une maison quelque part dans l'Orne, sans rien savoir de plus. Sur un coup de tête, elle démissionne et part, munie de la clef de la maison et fantasmant sur ce qu'elle va trouver à l'arrivée.

    On comprend que la vie ne l'a pas gâtée, qu'elle est habituée à ne pas en attendre grand chose, mais le choc est quand même rude à l'arrivée. C'est une toute petite maison en piteux état qui l'attend, avec un jardin abandonné, dans un hameau quasi déserté.

    Mariette est une taiseuse qui n'a pas l'habitude d'avoir de l'aide, aussi se retrousse-t'elle les manches et c'est à l'élaboration de sa nouvelle vie que nous assistons, obstinée, laborieuse et de plus plus émerveillée devant les prodigalités de la nature qui l'entoure.

    Son installation a été suivie avec curiosité par Louise, une ado qui s'ennuie à mourir dans ce hameau où son père possède une résidence secondaire. Elle en a plus qu'assez d'entendre les disputes incessantes avec sa nouvelle femme et voir s'activer Mariette l'intrigue au plus haut point.

    Je n'en dirai pas plus sur l'histoire, l'essentiel n'est pas là, mais sur la relation qui se tisse entre ces deux-là. L'écriture est belle et poétique, Mariette est un peu imprévisible, elle ne sait pas mettre de mots sur ses émotions, elles naviguent l'une et l'autre au jour le jour avec maladresse, mais tendresse mutuelle.

    Le summum est atteint avec une sortie en bicyclette où l'on voit Mariette s'arrêter tout au long de la route parce que son oeil a été capté par une fleur ou un insecte qu'elle n'a pas encore vu, sa capacité à se réjouir de tout est contagieuse.

    A souligner la qualité de l'édition, rare de nos jours. En résumé, une jolie histoire, une belle écriture, un objet-livre soigné et un moment de lecture qui réchauffe le coeur.

    "Pour la première fois peut-être de sa vie, en tout cas ce fut la première et l'unique fois que Louise l'entendit s'exprimer ainsi, Mariette dit "je" pour refuser ce qui lui avait été proposé, ce que d'autres auraient probablement considéré comme une aide inespérée et n'auraient pas compris qu'elle n'en voulût pas, préférât vivre comme elle vivait, donnant le temps et les forces qui lui restaient à un jardin, à une maison, dans lesquels elle prenait aussi le temps de contempler, d'admirer, de goûter ce qui lui était offert en retour, et qui était beaucoup plus que ce qu'elle avait jamais reçu ou espéré recevoir, si bien qu'elle n'avait besoin de rien d'autre que ce qu'elle avait déjà..."

    Anne Guglielmetti - Deux femmes et un jardin - 95 pages
    Editions Interférences - 2021

  • Les ombres filantes

    51RTQMW+PqS._SX195_.jpg

    "Regarde-les, s'assombrit Janot en levant le menton vers les autres. Regarde-les, ça ne fait pas encore un an qu'on est ici et c'est comme si le monde d'avant n'était plus qu'un vieux souvenir. On dirait presque que ça fait leur affaire. Quand je pense qu'on aurait assez d'essence dans le cabanon pour remplir les réservoirs des véhicules qu'on a cachés sous des branches au débarcadère, je me dis qu'il vaudrait peut-être mieux retourner au village".

    Nous retrouvons ici le narrateur de "le fil des kilomètres" et "le poids de la neige". Nous n'avons pas plus d'éléments sur ce qui se passe dans le pays (le Québec). Une panne d'électricité géante a entraîné une succession de dysfonctionnements, manque d'essence, manque de vivres, errance de la population, constitution de petits groupes plus ou moins dangereux. C'est chacun pour soi pour la survie en attendant une hypothétique issue.

    Le narrateur a passé l'hiver dans une maison sous la neige, les jambes brisées après un accident. Il est remis plus ou moins sur pied et c'est dans la forêt que nous le retrouvons, décidé à rejoindre des membres de sa famille, oncles et tantes. Il sait qu'ils sont réfugiés au camp d'été où il passait ses vacances enfant, loin de tout, vivant de chasse et de pêche.

    Ce troisième opus est aussi bon que le précédent. Après l'hostilité de l'hiver et de la neige, c'est à la forêt profonde que se confronte le voyageur, devant se méfier à la fois de la nature et des hommes. Il chemine seul, jusqu'à ce qu'un curieux gamin de 12 ans se trouve sur son chemin. Seul lui aussi, il aide le narrateur à sortir d'un mauvais pas. Il paraît se débrouiller dans toutes les situations, ne parle pas de lui ou raconte des histoires différentes, mais ne lâche plus l'homme qui finit par accepter sa présence.

    Malgré le contexte post-apocalyptique, la nature a la part belle dans cette histoire. Le narrateur aime sentir la forêt autour de lui, sa végétation, le silence, les présences furtives, avec toujours en tête l'île ou il retrouvera les siens. Mais sera-t'il bien accueilli ? D'autant qu'il arrive avec un enfant, ils représentent deux bouches de plus à nourrir.

    J'ai retrouvé avec plaisir l'ambiance qui m'avait conquise dans "le poids de la neige", un mélange de contemplation et même d'une fusion avec les éléments naturels et par ailleurs le poids des relations humaines. Chaque rencontre a son lot d'inquiétude, génératrice d'entraide ou de violence. Et pour tous ces gens, l'espoir de retrouver un jour une situation normale.

    Dans ce dernier opus, le narrateur fait l'expérience d'une relation quasiment paternelle envers l'enfant, malgré leurs multiples accrochages et coups de colère, réservant une fin puissante et bouleversante.

    Une trilogie à découvrir sans hésitation.

    Challenge Québec.jpg

    Christian Guay-Poliquin - Les ombres filantes - 344 pages
    La Peuplade - 2021

  • Le retour

    Voilà, voilà, mon nouveau chez moi. Comme tous les emménagements ce n'est pas parfait, il manque un coup de peinture par-ci, par-là, quelques étagères, de la déco. Tout cela se fera au fur et à mesure. Je n'y serais pas arrivée sans l'aide bienveillante de trois blogueuses que je remercie chaleureusement : Dominique, Keisha et Tania.

    Soyez indulgentes avec le démarrage, je tâtonne, mais j'ai hâte maintenant de reprendre au moins les billets lecture. Vous pouvez vous abonner à la newsletter, colonne de droite, en haut. A bientôt.

    picasabackground-043.jpg

    J.M. Othoniel - Petit Palais

  • Pause

    Je ne suis pas en panne de lecture, mais je suis en panne d'écriture. Plus rien ne me vient au moment d'écrire un billet, j'ai la tête ailleurs. Je fais donc une pause une petite quinzaine de jours, en espérant retrouver mes esprits. Je vous laisse avec une photo de la dernière exposition vue jeudi dernier. A bientôt.

    316308687_3327862857434903_1159193333373862856_n.jpg

    Claude Monet - Joan Mitchell
    Fondation Louis Vuitton - Paris