"Une fois installés devant la table garnie de saucisses, de pain frit, de tomates et de tasses de thé fumantes, George entreprit de lui raconter ce qui s'était passé pendant son absence. A présent, il pouvait parler du corps qu'il avait découvert sans avoir la gorge serrée et, à chaque nouveau récit, la jeune femme rousse devenait plus belle".
Je continue la série de Déborah Crombie avec les enquêteurs Duncan Kincaid et Gemma James. C'est la sixième enquête et comme je les lis dans le désordre, je retrouve le duo de policiers à un moment où leur relation est fluctuante. Déjà intime, mais pas du tout familière ou installée. Je sais que la situation va en s'améliorant puisque j'ai déjà lu le suivant. C'est parfois un peu acrobatique, à l'avenir je vais suivre la série de manière chronologique.
L'histoire commence avec le meurtre d'une magnifique jeune femme, Annabelle, alors qu'elle venait de discuter avec son fiancé. Qui pouvait en vouloir à cette femme d'affaires à qui tout semblait réussir ?
Elle a hérité de son père une florissante maison de thés, avec l'intention de la moderniser et de la faire fructifier. Son père a beaucoup d'admiration pour elle, tout en gardant un oeil sur ce qu'elle fait.
Fiancée à son associé, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les enquêteurs n'ont pas eu à gratter longtemps pour écorner cette belle image.
L'intrigue est assez chargée cette fois-ci, entre les affaires de famille, les affaires tout court et l'époque du blitz à Londres. C'est là qu'il va falloir remonter pour trouver l'origine du meurtre.
Annabelle a été étranglée dans l'ancien quartier des Docks de Londres, populaire dans les années quarante, mais en pleine mutation vers une population chic et fortunée.
L'aspect qui m'a le plus intéressée est l'envoi des enfants des Docks à la campagne au début du blitz pour les mettre à l'abri des bombardements. Accueillis dans des familles, ils tombaient plus ou moins bien et ont été forgés par cette séparation brutale. Les amitiés qui naîtront ici jouent leur rôle dans la mort d'Annabelle.
Ladite Annabelle qui avait une vie sentimentale assez agitée, séduisant, manipulant, rejetant à son gré. Finalement les suspects ne manquent pas.
Le thé est bien présent dans cette enquête, de sa culture à son arrivée dans votre tasse. Ambiance british garantie.
Une lecture agréable, pépère comme je l'ai dit pour le volume précédent et pas désagréable du tout.
Participation au challenge "Un hiver polar". J'ajoute les mots campagne anglaise, thé, jalousie

Deborah Crombie - Le passé ne meurt jamais - 412 pages
Traduit par Jacqueline Lahana
Le Livre de Poche - 2002
